Comme nous l’avons vu dans nos précédents articles, la messe chantée est une cérémonie qui demande normalement quatre servants de messe. Cependant, les circonstances font souvent qu’il n’est pas possible de réunir autant de servants. Je vous propose donc une adaptation du cérémonial pour permettre de servir une messe chantée à trois ou même deux servants, tout en conservant tout le faste de la cérémonie, et notamment en ne supprimant pas les encensements. La compréhension de cet article sera plus facile aux personnes sachant déjà servir la messe basse et la messe chantée dans la Forme Extraordinaire du rite romain. Je renvoie donc à mes précédents articles sur le sujet.

A trois servants :
Si on dispose de trois servants de messe, on peut alors avoir deux acolytes, qui prennent les chandeliers, et un cérémoniaire. On installe au préalable dans le chœur un support où l’on dépose l’encensoir allumé et la navette. Le deuxième acolyte fait office de thuriféraire chaque fois que c’est nécessaire.
Les cérémonies se déroulent comme à l’ordinaire si ce n’est pour ce qui suit.
À l’encensement du kyrie, le second acolyte assure exactement la fonction du thuriféraire ; à l’issue, il dépose l’encensoir sur son support et retourne à sa place. Pendant le chant du graduel, lorsque le célébrant sera assis, le second acolyte se lève pour prendre l’encensoir, et le cérémoniaire vient placer le support au pied des marches de l’autel, côté Évangile. Pendant l’alléluia ou le trait, le prêtre impose l’encens à l’acolyte, qui descend ensuite déposer l’encensoir sur le support. Il retourne alors à la crédence où les deux acolytes prennent leur chandelier. Ils viennent encadrer le cérémoniaire qui change le missel de côté pour le chant de l’Évangile. Pendant celui-ci, les acolytes se placent comme à l’ordinaire, et le cérémoniaire prend l’encensoir de son support. À la fin de l’Évangile, le cérémoniaire va déposer l’encensoir à la sacristie. Après avoir posé son chandelier à la crédence, le deuxième acolyte vient replacer le support de l’encensoir à la place habituelle du thuriféraire.

Pour l’offertoire, après avoir reposé la burette d’eau, l’acolyte 2 récupère l’encensoir, et monte à l’autel pour l’imposition de l’encens au signal du cérémoniaire. Comme le second acolyte est occupé à l’autel, c’est le premier acolyte qui s’occupe d’enlever le missel de l’autel pendant l’encensement. Le premier acolyte fera seul le Lavabo comme à la messe lue à un seul servant. Le deuxième acolyte fait alors tout ce que fait le thuriféraire jusqu’à la fin de la consécration (encensement du clergé et des fidèles, puis imposition de l’encens au Hanc Igitur et encensement du Saint Sacrement à la consécration). Il repose ensuite son encensoir à la sacristie, et retourne s’agenouiller à sa place d’acolyte, sur la première marche côté Évangile. C’est le premier acolyte qui ira déposer la cloche sur la crédence et y prendre le plateau de communion. La fin de la messe se déroule comme d’ordinaire.
A deux servants :
Si on ne dispose que de deux servants, ils seront tous deux acolytes. Le premier fera office de cérémoniaire et le second de thuriféraire. On installe également dans le chœur l’encensoir allumé sur son support. Les deux acolytes prennent les chandeliers pour la procession d’entrée.
Les cérémonies se déroulent comme à l’ordinaire si ce n’est pour ce qui suit.
Le premier acolyte se place à droite du prêtre et répond aux prières au bas de l’autel. À l’encensement du kyrie, le second acolyte assure exactement la fonction du thuriféraire ; à l’issue, il dépose l’encensoir sur son support et retourne à sa place. Le premier acolyte, après l’imposition de l’encens (où il tient la navette), descend à la crédence pour poser la navette, et monte à l’autel enlever le missel. Lorsque le célébrant a fini d’encenser le côté épître de l’autel, il repose le missel et reste à la droite du prêtre, qu’il encense après l’encensement de l’autel. Il assiste ensuite le prêtre au missel et à la banquette.
Pour le mouvement d’Évangile, il n’est pas possible de concilier l’accompagnement du chant de l’Évangile par la lumière des chandeliers et l’encensement de l’Évangile. On doit donc choisir entre la possibilité de faire le mouvement avec les cierges (l’acolyte 1 change alors le missel de côté pendant le graduel) ou avec l’encens (les acolytes accomplissent alors respectivement les fonctions de cérémoniaire et thuriféraire comme à l’ordinaire).
Pour l’offertoire, après avoir reposé les burettes, les acolytes s’occupent de l’imposition de l’encens. C’est cette fois le deuxième acolyte qui va ôter le missel de l’autel, le replace, puis s’occupe seul du Lavabo. Le premier acolyte encense donc seul le prêtre, puis repose l’encensoir sur son support, prend la cloche et monte à gauche du prêtre pour l’assister avec le missel. Il pose la cloche au sol (en faisant une génuflexion). Il la reprendra chaque fois qu’il aura besoin de sonner. À l’issue du Lavabo, le deuxième acolyte prend l’encensoir, et va encenser le clergé et les fidèles, puis attends à sa place. Il impose lui-même l’encens au Hanc igitur, et vient s’agenouiller sur la première marche pour encenser le saint sacrement à la Consécration. Le cérémoniaire, comme le fait l’acolyte à la messe basse, sonne tout en soutenant la chasuble du prêtre, en étant à genoux sur la plus haute marche du marchepied à droite du prêtre.

Après la consécration, il laisse la cloche à cet endroit et remonte à gauche du célébrant devant le missel. Le second acolyte dépose l’encensoir à la sacristie, et prends la place du premier acolyte, à genoux, sur la première marche à droite. Il récupère la cloche et sonne à la petite élévation et aux Domine non sum dignus. Il pose ensuite la cloche sur la crédence et prend le plateau de communion. La communion et les ablutions se déroulent comme à la messe basse. À l’issue, le premier acolyte se place au missel, côté Épître, et assiste le prêtre jusqu’au dernier Évangile. Les deux acolytes reprennent leurs chandeliers pour la procession de sortie.
Concernant l’emploi de l’encens, il me semblait que c’était uniquement pour les messes solennelles et pontificales. On peut donc également faire les encensements pour une messe chantée (je parle pour l’ancien rit bien sûr)?
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