Fonctions des deux acolytes à la messe chantée

Après avoir vu dans les précédents articles de cette série, la fonction des acolytes à la messe basse, et du cérémoniaire à la messe chantée, nous verrons ici la fonction des deux acolytes à la messe chantée.

Quelques remarques liminaires : les cierges se tiennent à deux mains. L’usage français veut qu’ils soient tenus par la main du côté extérieur, soutenue par l’autre main, on échange donc les mains chaque fois qu’on se retourne ; la place des acolytes devrait normalement se trouver de part et d’autre de la crédence, pour signifier qu’ils sont toujours prêts à servir, cependant, la disposition des lieux les oblige parfois à occuper la place du diacre et du sous-diacre, de part et d’autre du célébrant à la banquette. Si on a le choix, on veillera à toujours choisir la première option.

À la sacristie, les acolytes allument leur cierge et prennent leur chandelier. Le premier acolyte se place à droite et le second à gauche ; ils respectent ce positionnement chaque fois qu’il ne leur est pas demandé de se placer autrement. Ils saluent la croix et suivent le thuriféraire pour la procession. Arrivés dans le sanctuaire, ils génuflectent, vont à la crédence déposer leur chandelier et prennent place devant leur tabouret. Ils s’agenouillent après la génuflexion du célébrant, au signe du cérémoniaire.

S’il y a une aspersion, les acolytes se relèvent au signe du cérémoniaire et font le signe de croix après avoir été aspergés, restant debout jusqu’aux prières au bas de l’autel.

Les acolytes sont à genoux pendant les prières au bas de l’autel, et se lèvent au signe du cérémoniaire lorsque le prêtre monte à l’autel. Pendant l’encensement de la croix, le premier acolyte vient prendre le missel au côté épître de l’autel ; il attend in plano que cette partie de l’autel soit encensée pour remonter poser le missel et retourner à sa place. Jusqu’au mouvement d’Évangile, les acolytes s’asseyent et se lèvent en même temps que le célébrant, en s’inclinant l’un vers l’autre avant de s’asseoir.

Pendant l’imposition de l’encens qui précède l’Évangile, les acolytes prennent leur chandelier à la crédence et y attendent le thuriféraire. Quand celui-ci a déposé la navette, ils le suivent au pied de l’autel, et se placent côte à côte derrière lui. Après avoir génuflecté au signal du cérémoniaire, les acolytes se tournent l’un vers l’autre, et viennent se placer in plano au côté Évangile de l’autel. Ils restent là pendant le chant et la traduction de l’Évangile, ne faisant aucune inclinaison ou signe de croix. À la fin, ils retournent au pied de l’autel derrière le cérémoniaire et le thuriféraire, génuflectent et vont poser leur cierge à la crédence.

À l’Oremus de l’offertoire, les acolytes montent, comme à la messe basse, au côté épître de l’autel pour y présenter les burettes (le premier le vin et le second l’eau). Ils embrassent la burette avant de la donner au prêtre et en la récupérant. Lorsque le prêtre a fini, ils redescendent et posent les burettes sur la crédence, puis ils attendent debout à leur place.

Après l’imposition de l’encens, le thuriféraire pose la navette sur la crédence, puis retourne à l’autel. Le deuxième acolyte part en même temps, génuflecte face à la croix dernière lui au pied des marches, et se place in plano côté évangile. Quand le célébrant encense le côté épître de l’autel, il monte prendre le missel, et redescend in plano le temps de l’encensement de ce côté de l’autel. Il repose ensuite le missel, puis retourne à la crédence où les deux acolytes préparent le lavabo.

Les deux acolytes montent à l’autel pour le lavabo, comme à la messe basse. Le premier tient le manuterge et le second le bassin et la burette. Après le lavabo, ils retournent à la crédence où après avoir posé ce qu’ils avaient dans les mains, ils se font encenser par le thuriféraire (ils l’attendent si celui-ci n’a pas fini d’encenser ceux qui leur sont supérieur en rang). Le premier acolyte prend ensuite la cloche, puis les deux acolytes vont s’agenouiller sur la première marche de l’autel (face au cierge le plus éloigné de la croix, comme à la messe basse). En restant ainsi à genoux, le premier acolyte sonne comme à la messe basse. Il impose également l’encens au thuriféraire lorsque celui-ci s’approche de lui avant la consécration. Au Pater Noster, les acolytes vont fermer le portail du sanctuaire s’il le faut, et installer la nappe de communion s’il y en a une. Ils retournent ensuite s’agenouiller sur la première marche.

Après la communion du célébrant au précieux sang, le premier acolyte donne la cloche au thuriféraire. Lorsque celui-ci revient avec le plateau de communion, le cérémoniaire indique qu’il faut se lever. Tous se regroupent en ligne au pied des marches et s’agenouillent sur la première marche. Le premier acolyte entonne le confiteor (si c’est la coutume, la récitation du confiteor n’étant plus requise par les rubriques) lorsque le prêtre a communié au précieux sang. Pendant le confiteor, tous les servants s’inclinent profondément.

Après l’indulgentiam, tous se lèvent, montent à l’autel et s’agenouille au signal du cérémoniaire, reçoivent la communion, puis redescendent sans le cérémoniaire, et font la génuflexion au signal du thuriféraire. Les acolytes vont alors s’agenouiller à leur place à côté de la crédence.

À la fermeture du tabernacle, les acolytes se lèvent, et présentent les burettes au célébrant comme à la messe basse. Les ablutions achevées, ils déposent les burettes, viennent génuflecter au pied des marches, et montent à l’autel en se croisant (le premier acolyte passe d’abord) ils prennent le voile et le missel (le deuxième acolyte ne déplie pas le voile, il le tient à plat plié en trois), puis ils redescendent, génuflectent, se recroisent, et montent à l’autel. Le premier acolyte pose le missel et descend par le côté avec le(s) plateau(x) de communion, qu’il va directement poser à la crédence, puis il retourne attendre l’autre acolyte au pied des marches. Le second acolyte pose le voile et présente la bourse au prêtre pour qu’il y insère le corporal plié, puis l’acolyte repose la bourse et donne au prêtre le voile du calice, puis la bourse. Il redescend directement, et va faire la génuflexion au pied des marches avec le premier acolyte. Puis les deux retournent à leur place.

Les acolytes restent debout jusqu’à la bénédiction finale où ils s’agenouillent et se relèvent au signal du cérémoniaire. Après le « gloria tibi domine » avant le dernier évangile, les acolytes prennent leur chandelier et viennent se placer devant le thuriféraire à l’entrée du cœur, tournés vers l’autel. Ils génuflectent au « et verbum caro factum est », puis, au signe du cérémoniaire, avant la procession de sortie. Ils rentrent ensuite à la sacristie en procession. Là ils ne posent pas leur cierge tant qu’ils n’ont pas salué la croix et le prêtre. Enfin, ils s’agenouillent pour recevoir la bénédiction du célébrant.

Laisser un commentaire